Commission Jeunes, mobilisée pour l’avenir des Côtes-du-Rhône

La commission Jeunes se réunit plusieurs fois par an, ici en 2024 à l’UVCDR.
La Commission Jeunes Vignerons des Côtes-du-Rhône s’est réunie le 15 décembre à Lagarde-Paréol, dans un contexte encore marqué par une conjoncture économique tendue. Autour de la table, un objectif commun : renforcer l’action collective de l’appellation tout en restant en prise avec les réalités du terrain.
Cette rencontre a permis des échanges directs avec Damien Gilles, président du Syndicat des Vignerons des Côtes-du-Rhône, et Vincent Dessalles, président de l’UVCDR, autour des enjeux syndicaux, économiques et commerciaux.
Un besoin de lisibilité et de stabilité
Les jeunes vignerons expriment une attente forte de clarté dans les orientations prises par la filière. Ils souhaitent mieux comprendre les choix structurants et disposer d’une vision à moyen et long terme. Cette lisibilité est jugée essentielle pour sécuriser les exploitations, faciliter l’installation et donner envie de s’impliquer durablement dans les instances collectives.
Plusieurs intervenants soulignent aussi la difficulté, pour les jeunes générations, de trouver leur place dans certaines structures, notamment au sein des conseils d’administration des caves coopératives.
Des inquiétudes héritées des crises récentes
Les échanges ont rapidement dépassé les sujets purement syndicaux. Les crises successives ont laissé des traces. Elles nourrissent une forte volonté d’anticipation.
Parmi les pistes évoquées : réfléchir à des outils propres à la filière pour mieux gérer les périodes difficiles. Fonds de crise, assurance récolte collective ou réflexion sur l’irrigation figurent parmi les sujets cités. L’objectif est clair : mieux amortir les chocs et éviter de revivre les situations les plus tendues.
Certains jeunes questionnent également la multiplication des contrôles, jugés parfois lourds, et appellent à une réflexion globale sur leur cohérence.
Commerce : rester connecté au marché
Sur le plan commercial, Vincent Dessalles a livré un message direct et engagé. Il rappelle que la commercialisation des Côtes-du-Rhône reste très majoritairement orientée vers la grande distribution, qui représente près de 40 % des volumes et constitue le débouché le plus difficile à valoriser.
Dans les négociations avec les marques de distributeurs, les prix n’ont pas pu être réévalués à la hauteur des attentes, dans un contexte de forte concurrence et de pression sur les marges. Pour autant, Vincent Dessalles insiste : « Le marché montre aujourd’hui des signaux d’évolution. La récolte s’annonce moins volumique que prévu et cette situation peut redonner des marges de manœuvre, à condition de tenir collectivement une ligne de prix ». Il alerte sur le risque majeur d’un décrochage : si les opérateurs régionaux ne parviennent pas à se positionner durablement, le pouvoir basculera vers l’extérieur et fragilisera l’ensemble de l’appellation. D’où son appel à la cohésion. Il invite les vignerons à rester unis, à ne pas se disperser et à ne pas céder aux discours alarmistes. Pour Vincent Dessalles, quelques mois de résistance peuvent suffire à inverser la tendance et à sécuriser l’avenir économique des Côtes-du-Rhône.
La réunion s’est conclue sur un message clair. Les jeunes vignerons veulent prendre part aux décisions. Ils souhaitent un syndicat fort, lisible et capable d’agir. Ils demandent plus de cohérence, plus de visibilité et une action collective plus proche du terrain.
Isabelle Gibier

