La menuiserie d’art au service du vin

Le stand Philippe Mathieu Concept & Menuiserie d’art a attiré l’attention au salon SITEVI. Le bois, le verre se déclinaient avec harmonie en table de dégustation, mobilier et cave à vins. On sent que derrière cet agencement et ces matériaux, la réflexion joue jeu égal avec l’esthétique. C’est la façon de travailler du menuisier Philippe Mathieu, installé à Pujaut dans le Gard. Depuis de nombreuses années, le spécialiste des salles de dégustation a essaimé son savoir-faire dans nombre de domaines, caves et syndicats, en France et à l’étranger. Mieux visibilisées grâce aux réseaux sociaux, ses réalisations reflètent surtout une nouvelle approche de l’accueil au caveau portée par l’œnotourisme.
La star, c’est le vin !
« En 1988, on s’imposait moins, on faisait en fonction des envies. Aujourd’hui, nous proposons quelque chose de différent », constate Philippe Mathieu. Une génération de vignerons est passée par là, avec la prise de conscience que l’accueil au caveau est primordial, qu’il doit se faire dans de bonnes conditions et que le vin doit être mis en valeur. L’effet amplificateur est venu de Provence et de l’envie d’un certain apparat et d’une scénarisation de l’achat du vin. L’engouement s’est répercuté sur les commandes, la masse salariale de l’entreprise est passée de 1 à 10 salariés.
Pour ses réalisations, qui vont jusqu’aux aménagements des espaces techniques, la relation avec le client est essentielle. « Le projet est fonction de lui. Je prends des indices dans sa manière d’être, de travailler, pour l’ergonomie et le côté pratique. J’écoute beaucoup, je passe du temps, je déguste les vins, c’est significatif ». Si la menuiserie est équipée de machines high-tech, la conception part de la feuille blanche. « J’aime les images qui jouent avec les saisons, que le lieu soit vivant. La star c’est le vin, pas le meuble, il doit s’effacer. Je fais des présentoirs à vins. Mon rêve c’est la table en lévitation ».
Du bois, du cuir …
Philippe Mathieu travaille aussi bien le bois certifié PEFC (Programme de reconnaissance des certifications forestières), que la résine, le verre, la pierre, l’or, le bronze, le carbone, le cuir, que l’inox. « Des essences locales comme l’olivier, des matériaux nobles ou de récupération, j’aime avoir une approche historique avec l’ancien pour s’ancrer dans le terroir. Je ne dessine plus de comptoir mais une table de partage ».
La méthodologie est 3.0, tous les projets sont dessinés en 3D, informatisés et présentés avec un film en MP4. Des tests sont réalisés grandeur nature. « Il y a un protocole et tout est numérisé. Si un tiroir se casse, le numéro de code barre me permet, par exemple, de refaire la façade et de l’envoyer directement au client ». Philippe Mathieu assure qu’il n’y a pas que de grandes maisons dans son carnet de commandes. La notion de bien recevoir n’est pas réservée à une élite.
Marie-Pierre Delpeuch

